Retraites : huis clos et motus les femmes

Malgré le rapport alarmant de la délégation aux droits des femmes de l’Assemblée nationale que préside la députée UMP Marie-Jo Zimmermann, la majorité refuse de s’attaquer aux inégalités hommes-femmes que la réforme des retraites ne corrige pas. Mieux, pour éviter le débat public, la Commission des affaires sociales a décidé de procéder à l’examen de ces questions à huis clos : un problème dont on ne parle pas n’existe pas ! CQFD!

L’Assemblée des femmes – Observatoire de la parité du Languedoc Roussillon, s’élève contre ce qu’elle considère tout à la fois comme un déni de démocratie et un mépris des françaises. Elle constate avec regret qu’en affirmant vouloir veiller aux grands équilibres du projet de loi, le Président du groupe UMP, Jean-François Copé qui s’était présenté en ardent défenseur des droits des femmes pour l’interdiction du voile intégral, renonce à faire bouger le projet et à apporter son soutien à la délégation parlementaire pour accorder aux femmes des droits égaux à ceux des hommes.

Pour mémoire, le Rapport de la députée Marie-Jo Zimmermann constate l’effet négatif de la réforme de 2003 sur le montant des pensions des femmes qui représente en moyenne 62% de ceux perçus par les hommes (1020 euros contre 1636 euros, évaluation 2004) ; les droits acquis par les femmes ne représentant que 58% de ceux des hommes.

Aujourd’hui, la moitié des femmes ont une retraite inférieure à 900 euros contre 20% des hommes et, en dépit des prétentions du Gouvernement qui estime que les inégalités du niveau des pensions résultent des écarts persistants dans le déroulement des carrières professionnelles les projections effectuées par le Conseil d’orientation des retraites (COR) démontrent le contraire. Le report de 65 ans à 67 ans du bénéfice de la retraite à taux plein affectera particulièrement les femmes et la progression de leur emploi à temps partiel (82% des femmes sont des travailleurs à temps partiel et 30% des femmes actives n’ont pas d’emploi à temps plein contre 5,7% des hommes, évaluation 2010) retentira de manière évidente sur le calcul de leur pension.

La parité est encore loin !

Parité Claude Blaho-Poncé 20 août 2010 Pas de commentaires

Mai 2010 : Question d’actualité sur la réforme des retraites

Il m’a semblé important sur cette question cruciale des retraites de donner la position du parti La Gauche Moderne que j’ai rejoint. Cet enjeu devrait dépasser les clivages politiques et nous réunir pour trouver des solutions adaptées pour l’avenir de tous et toutes . C’est avec intérêt que j’ai suivi les propositions faites par la délégation de LGM conduite par son président, Jean-Marie BOCKEL au ministre WOERTH et à son équipe.

Jean-Marie BOCKEL a pu exprimer les principales positions de son parti:

  1. Maintien de l’âge légal de la retraite à 60 ans
  2. Augmentation de la durée du travail, pour tenir compte de l’allongement de la vie humaine et de l’amélioration de la santé publique
  3. Proposition de passer dès que possible à un système de retraites calculé sur un nombre de points. Ce système permettra:
    1. de mettre en place une nouvelle définition de la notion de pénibilité
    2. de faciliter la mobilité des salariés entre les différentes professions désormais toutes placées sous le même système à points
    3. d’attribuer des points supplémentaires sur critères sociaux (maternité, années de chômage, etc.)
    4. de préparer la marche vers l’unicité des régimes de retraite

En outre, pour faciliter l’emploi des seniors, LGM propose de dispenser les entreprises qui les emploient des cotisations sociales patronales. LGM pense que les Français sont prêts à accepter une augmentation du nombre d’années travaillées contre la garantie de l’Etat sur le système de répartition. LGM tient beaucoup à la marche vers l’unicité des régimes de retraites, car seul un régime unifié permettra la mise en place d’une couverture retraites universelle.

LGM pense qu’il serait raisonnable de prévoir qu’un point d’étape soit fait au moins tous les 10 ans afin de permettre de réajuster le système en tenant compte des nouvelles données démographiques et économiques. En outre, s’il est possible de le faire techniquement, un bilan sur les droits-retraite de chaque citoyen sera adressé à celui-ci annuellement.

Une discussion très constructive s’est engagée entre les deux délégations sur l’ensemble de ces points. De même les principaux syndicats vont être rencontrés pour des échanges de vue sur les retraites.

En tant que déléguée syndicale CFDT dans mon organisme, je compte me rapprocher du bureau régional Interco pour échanger sur ces points.

Source: La Gauche Moderne Languedoc Roussillon

Vie politique Claude Blaho-Poncé 10 mai 2010 Pas de commentaires

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