Communiqué de l’Assemblée des Femmes, observatoire de la parité du Languedoc-Roussillon: les chiffres du danger pour la parité

Le « Comité Balladur »

Pour mémoire, en octobre 2008, le Président de la République a installé un « Comité pour la réforme des collectivités territoriales ». Présidé par Edouard Balladur, il comporte 13 membres, dont une seule femme. Les socialistes Pierre Mauroy, sénateur et André Vallini, député et président du Conseil général de l’Isère en sont membres. Ce Comité était chargé de faire des propositions en vue de trancher l’éternel débat sur l’empilement des collectivités territoriales.

En rejettant les propositions du Comité Balladur, l’UMP met la parité en danger

Le projet de remplacement des Conseillers généraux par de nouveaux « Conseillers territoriaux » élus au scrutin uninominal qui siègeraient à la fois au Département et à la Région porte le risque d’une régression importante de la représentation des femmes dans les Conseils régionaux élus actuellement au scrutin de liste avec obligation de parité alternée.
Dans ses conclusions, le Comité Balladur s’était montré favorable au maintien du scrutin de liste proportionnel, avant que l’ancien Premier ministre ne soit sèchement rappelé à l’ordre par deux parlementaires UMP (Frédéric Lefebvre et Christian Jacob), vrais porte paroles du scénario défavorable aux femmes, plus attachés au maintien du scrutin uninominal qu’à de la parité.

L’UMP met la parité en danger. La balle est désormais dans le camp du Président de la République.

Les chiffres

Is sont communiqués par Emmanuelle Latour, Secrétaire générale de l’Observatoire de la parité entre les femmes et les hommes, Service du Premier ministre à Paris.

Si les 5880 élu(e)s actuels (1880 conseillers régionaux + 4000 conseillers généraux) sont demain remplacés par 3000 conseillers territoriaux ayant la « double casquette », – proposition de loi relative à la simplification des territoires présentée par le député UMP Christian Jacob – élus au scrutin uninominal, la représentation des femmes dans ces deux assemblées risque de plafonner à 15 % de son niveau actuel. Et les estimations actuelles d’Emmanuelle Latour projettent que le remplacement de la proportionnelle aux élections régionales par le scrutin uninominal, très défavorable aux femmes, pourrait avoir comme conséquence une perte sèche de 1000 élues en France.

Il appartiendra au Président de la République d’arbitrer entre les femmes et l’UMP: 15% de l’ensemble des conseillères générales et conseillères régionales qui siègent aujourd’hui, c’est demain, 450 femmes élues au lieu des 1388 actuellement.

Projections en Languedoc-Roussillon

Aujourd’hui

31 conseillères régionales + 13 conseillères générales (total dans les 5 départements Aude, Gard, Hérault, Lozère et Pyrénées-Orientales) = 44 élues

Après la réforme des collectivités territoriales

44 x 15% = Perte sèche: 37 élues